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samedi 1 octobre 2011

La fille qui avait peur de rouler un patin

J'ai connu une fille qui avait peur de rouler un patin.

Une fille comme les autres, plutôt jolie même. Mais elle aimait pas ça.

Du patin à roulette, ça elle savait le faire. Filer comme une flèche à travers l'air chaud et sec d'un bord de mer, les cheveux dans le vent, et l'oreillette de son lecteur mp3 qui reflète le soleil couchant.

Elle fonçait à travers la piste de bord de mer, ses lunettes de soleil sur le nez, et les kilomètres qui défile sur le verre fumé.

Le soleil d'automne brille encore fort, et même si ce sont les dernières heures du jour, elle attend que la brise marine devienne fraîche. Alors seulement, elle rangera ses patins dans le sac de toile qu'elle a sur le dos.

Elle remettra ses ballerines, et consignera ce sac dans le coffre de sa voiture, avant de rentrer chez elle en direction de la montagne encore ensoleillée.

Mais ce soir là, le programme est différent. Non, elle n'allumera pas la TV en passant le seuil de sa porte. Ce soir, son chat devra attendre un peu plus longtemps le retour de sa maitresse.

Ce crépuscule là, il est à nous. De toute façon, le chat a ses croquettes, ça sert à ça non? A faire patienter les chats jusqu'à ce que leurs humains favoris se décident à passer tourner la clé de la porte d'entrée.

Cette année, l'automne ressemble à ces étés indiens de l'autre côté de l'Atlantique. Il fait bon, elle n'a toujours pas pris de veste dans son sac. La mer est calme, les vagues se meurent lentement mais surement sur le sable, et nous assis là, on se sent alors si petit face à l'infini marin.

Collé l'un contre l'autre, nous partageons son casque audio, et ainsi, le même morceau de musique. Ce n'était pas la première fois que nous observions le soleil faire l'équilibriste à l'horizon, sa tête sur mon épaule.

On se demande souvent si à ce moment là, malgré toute l'adresse que nous trouvons à esquiver la fumée, si cette cigarette que l'on a fumé en sortant du travail reste collée sur la peau, le tissu des vêtements, la lèvre qui embrasse le filtre.

Embrasser.

Embraser.

C'est tout ce que j'ai envie maintenant. Celà fait déjà un moment que nous nous fréquentons. L'instant me semble déjà parfait. Parfaitement romantique. Et pourtant il me semble manquer quelque chose.

Elle s'en rend compte, enfouie son regard dans le mien, et je vois sa lèvre inférieure trembler. Elle me tire vers elle, et moi, je colle mes lèvres aux siennes.

C'est alors que je veux y mettre la langue, toucher l'intimité du moment présent et...

Aie, elle m'a mordu la langue!

Elle me dit qu'elle n'aime pas ça, que c'est bizarre. Et se replace au creux de mon épaule.

Même si je ne comprends pas, je suis content qu'elle soit là. Restons en là, et elle m'embrasse dans le cou.

Je connais une fille qui avait peur de rouler un patin.


2011-01-10 JSC

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